Un week-end avec deux enfants sur trois

Le week-end dernier, nous n’avions « que » nos deux plus jeunes enfants car notre fille aînée voulait absolument aller à l’anniversaire d’une copine alors que nous avions un week-end en famille prévu. Elle est donc restée deux nuits chez des amis et la famille, un vrai truc “de grande” !

Passée l’impression de mon cœur qui se déchire en deux (je déteste qu’il y ait trop de distance entre mes enfants et moi, mais je me soigne 😅), nous sommes partis tous les quatre. Et encore une fois, même si je sais que ça nous frappe à chaque fois, j’ai été très surprise des comportements de mes enfants quand la fratrie n’est pas au complet.

Dans mon choix d’avoir une famille nombreuse, il y a cette conviction que je leur offre les meilleur.es compagnons.es de vie, de jeu, de partage qui soient. Sans pour autant les obliger à s’aimer ni à s’entendre car ils n’ont rien choisi, et que cela crée plus l’inverse qu’autre chose, nous veillons à leur transmettre les valeurs de famille qui nous animent.

Mais je sais aussi qu’en ayant plusieurs enfants, nous créons un système. Et comme dans tout système, les interactions finissent par définir une partie des individus. Les relations de frères et soeurs jouent sur qui ils sont chacun.e. Il y a forcément une interdépendance qui se met en place, même si on est vigilant.e à ce qu’ils.elles soient qui ils.elles souhaitent être individuellement (vous me suivez ?!). Évidemment aussi, plus il y a de parties prenantes dans ce système, plus il se complexifie et plus le phénomène s’intensifie. 

Bref, après cette parenthèse réflexive alambiquée, voilà ce que j’ai observé concrètement ce week-end. 

La première chose qui m’a sautée aux yeux : le silence…..!! L’absence d’excitation permanente en voiture, le calme une fois sur place, l’impression d’une charge tellement moins grande. Ce n’est pas dû spécifiquement à l’absence de notre Petite I, mais vraiment au passage de 3 à 2 et au changement de configuration. On sentait que nos deux enfants avaient besoin de trouver de nouvelles marques (et j’avoue que c’était très très reposant hehe !). 

Ensuite, ma Little A, au départ un peu paumée par l’absence de sa soeur, s’est beaucoup plus ouverte à nous et aux autres. Elle semblait plus “libre”, plus dans le lâcher prise. Les discussions étaient plus fluides et on communiquait mieux avec elle. Attention, je rectifie tout de suite une idée qu’on pourrait avoir en me lisant ; je ne dis pas du tout que Petite I la “bride”, elle est d’ailleurs plutôt à l’écoute de sa petite soeur. Comme je le disais plus haut, il s’agit d’un système, et leur système à elles, c’est une relation où la grande protège la petite, et où la petite observe / admire pas mal la grande. La place d’aînée est compliquée (je sais de quoi je parle :)), trouver le juste milieu entre protection / rôle modèle / laisser de la place à ceux.celles d’après … la place de « celle du milieu » l’est également bien sûr, on en entend suffisamment parler pour le savoir (mais c’est à nuancer et sur ce point je vous invite à relire mon article si ce sujet vous intéresse). En tant que parents alors, on fait en sorte que cela s’équilibre, doucement mais sûrement.

Toujours est-il que Little A a semblé profiter de ces moments privilégiés avec ses parents et ses grands-parents où elle avait un plus grand espace d’expression (sa grande sœur parle beaucoup !), et ses comportements s’en ressentaient !

Puis la relation entre Little A et Mini B était différente. Quand on retire un “individu” d’un système, même de manière très éphémère, forcément les autres s’adaptent et trouvent leur propre système (qu’ils avaient déjà bien sûr, mais il s’accentue disons). Beaucoup de complicité entre les deux, même si, là encore, les rôles grande/petit se sont retrouvés ! Mais notre petit garçon n’était plus le “tout tout petit” et donc prenait plus d’initiatives, le rapport entre sa soeur et lui semblaient plus équilibré et équitable, ils jouaient davantage ensemble, paraissaient partager plus de choses communes.

Vous connaissez ma hantise des cases et des étiquettes. Il est donc difficile pour moi d’aller plus loin dans la description, car je sens que je pourrais glisser vers ce genre de choses. Je n’ai fait qu’observer attentivement mes deux plus jeunes enfants ce week-end et remarquer les changements que je voyais, les adaptations naturelles qui se passaient. De ça, les réflexions sur le système de la fratrie que j’avais déjà eues m’ont sauté aux yeux et questionnée. 

Dans ce domaine-là aussi, les injonctions contradictoires se multiplient : “Passez du temps avec chacun.e de vos enfants, c’est primordial !”, “Oui, mais il faut aussi qu’ils sachent qu’ils font partie d’une fratrie et qu’on doit partager, les parents et le temps”, “Faites attention à ne pas trop intervenir entre vos enfants”, “Ne les laissez pas se taper !”, “Faites davantage attention à celui.celle du milieu”, “L”aîné.e porte beaucoup de choses sur ses épaules, ne le.la responsabilisez pas trop”, “N’infantilisez pas trop le.la petit.e dernier.e » … et ce ne sont que des exemples. 

Ce que je crois (et que je vis), c’est qu’élever des êtres humain.es, c’est extrêmement riche mais aussi très difficile, qu’ils soient un, deux, trois, cinq, huit. Que chaque nombre, chaque système, chaque configuration a ses problématiques et ses difficultés, ses injonctions infernales (que dire des réflexions insupportables sur les enfants uniques et de l’attente de la société qu’ils.elles ne le restent pas ?…).

Et quand on ajoute à la difficulté d’éducation et de volonté d’épanouissement la prise en compte des relations entre chacun.es, il y a de quoi devenir chèvre ! 

Comme pour tout en parentalité, tout est toujours plus compliqué et nuancé que noir ou blanc, et surtout, on fait du mieux qu’on peut tous.tes pour tout concilier ; bien-être et épanouissement individuel de l’enfant et bien-être et épanouissement de la famille, de la fratrie. 

En sortant de ce week-end, mes convictions n’en sont que renforcées : oui, dans la mesure du possible, octroyer de fréquents moments de qualité à chacun.e de mes enfants est primordial. A deux, à trois avec mon mari, à deux lui et l’un.e d’entre eux.elles … Et nous nous efforçons de nous y tenir régulièrement. Mais dans les faits, ce n’est pas toujours possible et quand ça ne l’est pas, je me raccroche à l’idée que nous leur offrons alors autre chose d’enrichissant ; les temps en famille, le partage de son espace / de ses jouets / de l’attention, les rires à l’unisson, la complicité, les incompréhensions qui permettent à chaque fois de mieux se comprendre quand la crise est passée, la manière de gérer certaines émotions inhérentes à une famille nombreuse (jalousie, place de chacun.e…) etc. Notre choix, c’était celui d’avoir une famille nombreuse. Il n’est ni mieux ni moins bien qu’un autre, c’est juste notre choix. À nous de faire en sorte d’être aligné.e avec. 

Je ne sais pas trop comment terminer cet article, je ne vous donne pas réellement d’astuces pour bien/mieux gérer, tout simplement car sur ce sujet je n’en ai pas ;)) Je suis plus dans l’observation, je voulais juste vous partager mes réflexions du moment, et puis chaque famille est tellement différente. 

En revanche, je suis hyper curieuse de savoir comment ça se passe chez vous ! Avez-vous remarqué ce genre de choses, de changements ? Comment gérez-vous cela au quotidien, à quoi faites-vous attention ?

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