L’arrivée du 3ème : les mythes, mes réalités

« Alors, ça fait quoi d’avoir 3 enfants ? » Est-ce que c’est vrai qu’il y a un “rôle de petit dernier” ? Que c’est difficile pour le.la deuxième de trouver sa place ? Que la fatigue se décuple car les enfants passent en supériorité numérique ? Mais que finalement, “c’est moins pire que de passer de un à deux” ? Que, que, que … que d’idées reçues et de généralités surtout !

Ça m’a donné envie de vous dire comment cela s’était passé chez nous, comment, avec du recul, je perçois ces réflexions (injonctions ?!) que j’ai souvent entendues. Je précise donc s’il le fallait qu’il s’agit de ma situation personnelle et de notre famille en particulier ; de plus, c’est à contextualiser avec le fait que j’ai accouché un mois avant le premier confinement, après un un accouchement et un post-partum compliqués (et aussi que mes enfants sont ces enfants-là et pas d’autres …!).

Allez c’est parti, bienvenue dans le monde extraordinaire et sans nuance du « je-dis-ça-je-dis-rien » parental ! Attention, ça va secouer …

« Tu verras, ce sera super dur pour Little A. Elle sera super jalouse et puis on le sait bien, la place du milieu c’est la plus compliquée » 

Chez nous : Vrai… et faux ! 

Certes, la place du milieu, c’est particulier. Ni la grande, ni la petite, pas simple de se positionner. Notre Little A a réagi à l’arrivée de son petit frère et il est vrai qu’elle cherche où / qui elle est, particulièrement depuis 1 an. Néanmoins, je suis assez ennuyée avec cette analyse car ; premièrement, elle n’a JAMAIS eu de mouvement de jalousie envers son frère (alors que Petite I en avait eu d’assez violents à la naissance de sa soeur) ; deuxièmement, je ne pense pas qu’il y ait une place de fratrie (ou d’enfant unique quand c’est le cas) réellement plus facile qu’une autre, chacun.e trouve des choses à redire ;) ; troisièmement, il m’est impossible de vous dire si les réactions de ma fille sont liées à sa place, à la naissance de Mini B, au confinement, à la période, ou juste à son âge … donc pas de conclusion hâtive !

Et enfin, last but not least comme on dit, je retiendrai ce que m’a dit un jour une psy et qui me reste bien gravé après que j’eus émis ma crainte de la place « sandwich » : « Mais le meilleur dans le sandwich, c’est le milieu, non ? Le jambon, le fromage, la salade et la tomate ! » À garder précieusement pour les futurs ados « du milieu » en « mal d’amour » ;)))

J’ai beaucoup réfléchi sur ce sujet et je pense aussi que les projections qu’on met sur nos enfants les impactent forcément. Je m’en suis rendue compte pour plein de choses. Du coup, cette place du milieu, si on la démystifiait et si on n’imaginait pas directement que c’était la pire, est-ce qu’elle ne serait pas plus facile à vivre pour les enfants concerné.e.s ? C’est en tous cas ce que j’essaye de mettre en place à la maison, de ne pas me dire systématiquement que ma Little A est la moins bien lotie ou celle pour qui c’est plus compliqué … pas simple quand c’est ancré en nous, mais l’exercice fait du bien !

« Vous allez passer en infériorité numérique. Tu peux dire adieu à ta vie de couple pour quelques années… » 

Ah, celle-là …! Je réserve mon prochain article au couple justement, donc je ne développerai pas trop ici. En revanche, ce que je peux dire sur ce point à notre niveau ; oui, trois enfants, c’est beaucoup de boulot, beaucoup de fatigue et souvent une vraie tornade à la maison – surtout cette année sans trop de soupape possible. Bref franchement, l’infériorité numérique, on la sent bien passer !

Mais le couple, je suis aussi persuadée que c’est une construction, une adaptabilité permanente et qu’il faut trouver ses trucs à soi pour passer des caps. Personnellement ici ce qui nous aide dans les moments difficiles, c’est de nous dire que c’est une période, que ça passera. De faire le dos rond quand le rythme est trop intense en tâchant de rester patient.e, et de communiquer, toujours et beaucoup (même en se fâchant, ça marche aussi !). Mais je refuse de faire une croix sur ma vie de couple sous prétexte que nous avons trois enfants (ce qui était notre projet de famille).

En revanche ce que je trouve plus difficile avec 3 enfants, c’est de trouver du temps de qualité seule avec les 4 autres membres de ma famille, individuellement. Mais là encore, on va trouver notre équilibre et on fait au mieux !

« Mais quand même, passer de de 2 à 3 c’est plus facile que de 1 à 2 » et sa variante « passer de 3 à 4 c’est vraiment plus facile que de 2 à 3 où tu dois vraiment tout changer (maison, voiture….) » et son autre variante « ah non, le pire c’est de 2 à 3, par rapport au passage de 1 à 2 qui est tellement cool! » 

Inutile d’épiloguer, la contradiction de ces trois phrases prouve bien à quel point il n’y a aucune règle !

Chez nous je dirai :
De zéro à 1 : tu prends ta vie, tu la retournes, tu la secoues, et tu la re-retournes ; à peu près les mêmes éléments donc, quelques repères qui te restent , mais plus rien n’est vraiment pareil ! Et que de questionnements sur tout, tout le temps …. Niveau couple on l’a bien senti passer aussi.
De 1 à 2 : gérer la fatigue qui s’accumule, l’orga qui se complexifie grandement et les frustrations de l’aînée … mais pas de chamboulement majeur
De 2 à 3 : beaucoup beaucoup plus cool comme « arrivée » dans la famille, une orga déjà bien rôdée (si on oublie les confinements bien sur !) et tellement plus de lâcher prise

« Ton petit dernier sera le chouchou c’est sûr, et alors si en plus c’est un garçon après deux filles, je te raconte pas ! » 

Mais un bébé est toujours le chouchou de tout le monde, non ? Est-ce vraiment dû à son pénis ? … vous avez 3 heures !

« Tu te prendras tellement moins la tête que pour ta première ou même ta deuxième… » 

Bon ok, là, je ne peux pas dire le contraire : on est teeeeeellement plus cools que pour notre aînée, ou même notre deuxième ! Et je peux vous dire que ça fait un bien fou … Les bibs au micro-ondes, les petits pots plus souvent, les bodies tachés, les fièvres qui n’inquiètent plus … quel soulagement.

Ce sur quoi on a le plus lâché prise ici : le sommeil. Je ne peux même pas vous dire si mon fils dort très bien ou pas. On le couche, la plupart du temps il dort, parfois il se réveille, on se lève, on lui redonne sa tétine, un câlin et on le recouche. Finies les crispations et les mille questionnements des nuits hâchées. Là où pour notre Little A nous avions consulté de nombreux spécialistes et où je peux vous dire exactement les âges où elle a bien dormi, moins bien, jusqu’à quel âge on l’a bercée etc.
« Il finira bien par dormir ! » Et le fait est … qu’il dort ! Mais je ne sais pas depuis combien de temps exacement ;))

Globalement, je sais que je lâche prise quand je me rends compte que j’ai perdu la notion du temps, des heures, des mois, et que je réponds « je ne sais pas » aux questions de types « à quel âge il a ….? »

« Souvent le 3ème, c’est celui qui te fait changer de vie. » 

Alors là, jocker ! Comment vous dire que cette année a changé ma vie toute entière et fut pour moi un vrai tournant puisque je remets tout à plat professionnellement et que j’ai réfléchi comme jamais à mon équilibre de vie, mes engagements … Mais qui n’a pas pensé à changer de vie cette année, honnêtement ?!

« On te regardera comme un ovni dans la rue, famille nombreuse oblige ! » 

Ahah, celle-là, je l’aime bien ! Je n’ai pas l’impression d’être vue comme un ovni quand je suis avec mes trois enfants, non. En revanche, c’est plutôt quand je ne suis qu’avec un seul enfant et qu’on me demande si c’est « mon premier » et que je réponds « non, j’en ai deux autres ». Là, souvent, la mâchoire de mon interlocuteur.ice se décroche et a du mal à remonter. Quand j’ajoute que j’ai 33 ans, je le.la perds définitivement !

« Aux un an de ton 3ème, tu sauras si tu en veux d’autres ou pas » 

(réflexion bonus que je n’ai jamais mal prise … en revanche j’attends toujours !!) Mon amie chérie avec qui nous en parlons beaucoup se reconnaîtra ;) Bon bah me concernant, je n’ai toujours pas la réponse hein ! Et notre réflexion est très partagée donc je ne peux même pas dire si la balance penche d’un côté :) Ce qui est sûr c’est qu’on laissera passer un peu de temps si petit 4ème il devait y avoir …

« Le problème de 3 enfants, c’est qu’à caser en même temps, c’est chaud… » 

Vrai !!!! Archi vrai ! Et je pense que c’est le plus gros changement pour moi … finis les week-ends ou les nuits à deux comme on pouvait plus facilement le faire avant (en même temps, c’est pas comme si les perspectives de nuits d’hôtels avaient la même saveur en ce moment …). Mais du coup, 4, ça change pas grand chose, si ?!

La morale de tout ça est un secret de polichinelle bien (trop) gardé : l’arrivée du 1er, du 2ème, du 3ème, du 6ème … est l’arrivée d’UN enfant PARTICULIER dans une famille PARTICULIÈRE avec une histoire PARTICULIÈRE et à un moment PARTICULIER. Ça fait beaucoup de conditions PARTICULIÈRES pour en faire des GÉNÉRALITÉS, non ? ;)

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