Ce que j’aurais aimé qu’on me dise avant et pendant ma grossesse

[Article de 2018, encore bien bien d’actualité …!]

Depuis que le monde est monde, les femmes sont enceintes puis accouchent. Jusque là tout va bien. Du coup, c’est bien « la chose la plus naturelle du monde », non ? Humm…oui… dans, l’idée oui. Mais nous sommes en 2018 et en 2018 une grossesse c’est beaucoup de médicalisation, beaucoup d’informations contradictoires, beaucoup de conseils de partout, et pas mal de stress avouons-le.

J’ai réfléchi à ce que j’aurais aimé savoir avant ma grossesse et qui m’aurait aidé à mieux vivre certaines choses. Je parle ici plutôt de la première grossesse, celle qui change ta vie pour toujours. Mais cela vaut aussi pour les grossesses d’après ! Je précise que tout cela est MON ressenti, en aucun cas un cas général ! Même si d’après ce que j’entends et constate, beaucoup de points sont universels …

Loin de moi la volonté de tout dévoiler ou d’imposer des réactions ou ressentis qu’il « faudrait » avoir car chacun est libre de vivre les choses comme il le peut/veut/sent. Pour ma part, j’aurais juste aimé qu’on me prépare un peu mieux à ces points-là, pour que le jour où je les ressente, je me souvienne que c’était sûrement normal … :-)

Ces symptômes physiques insupportables qu’on te cache

La grossesse n’est pas une maladie, soit. Mais c’est un état particulier, un état où le corps est bouleversé. Il s’en passe des trucs à l’intérieur en l’espace de quelques jours, semaines, mois ! Du coup forcément, il y a des choses qu’on ne maîtrise pas, qu’on peut ressentir et qui peuvent vraiment inquiéter.

Le premier ce sont les douleurs ligamentaires. Sur ce coup-là, je soupçonne que ce soit formé un espèce d’accord tacite et secret des femmes (et des bouquins ou professionnels) de ne JAMAIS te prévenir que ça peut t’arriver. Et pourtant j’ai l’impression qu’on les ressent toutes et qu’on morfle toutes vraiment beaucoup ! Ca tire, ça fait super mal dans le bas du ventre, dans le haut des cuisses parfois, tu crois que tu vas perdre ton bébé trois fois par jour alors même que tu es tout juste enceinte. Tu te dis que ce n’est pas possible que ce soit « déjà ça » que tu sens, et surtout, tu ne sais pas qu’être enceinte ça peut faire aussi mal !
Et si ! Là encore, l’utérus passe de la taille d’un abricot à une mangue en l’espace de quelques semaines max, donc bien sûr qu’il bosse !
Allez tiens, je déclare aujourd’hui ouvert le front de libération de la parole sur les douleurs ligamentaires ;-) Prévenez vos copines enceintes ; oui, être enceinte peut FAIRE MAL.

Le second est à mon sens encore pire : les impatiences, ou syndrome des jambes sans repos. Il arrive sans crier gare au deuxième trimestre et repart le jour de l’accouchement. Je sais que toutes les femmes n’en souffrent pas et tant mieux !
En gros, tu ne peux pas rester allongée, surtout la nuit. Pas très pratique pour dormir, vous l’aurez compris. Parfois même devant la télé ça te prend, mais à la limite là tu peux te lever sans que ça t’empêche de dormir. Tu ressens des espèces de fourmis indescriptibles dans les jambes (parfois les bras). Ca ne fait pas vraiment mal, c’est juste insupportable et surtout très très énervant. Et bien sûr plus tu t’énerves et pire c’est. Il faut que tu te lèves et que tu marches (parfois je marchais quatre fois 15 minutes la nuit, je vous laisse imaginer mon état de récupération). Donc tu ne dors que très peu et tu es très irritable, CQFD.
Si vous ressentez ça, gardez juste à l’esprit que c’est totalement bénin, insupportable et très handicapant mais en aucun cas grave. Et surtout ça passe après la naissance (la très grande majorité des cas en tous cas). Ce n’est pas circulatoire mais neurologique (le mot fait peur mais ce n’est pas grave je le répète !) et aggravé avec les hormones. L’homéopathie peut, dans certains cas, aider.

Non, tout ne s’arrête pas à 3 mois de grossesse !

Ne vous inquiétez pas si le jour de vos 3 mois de grossesse vous avez toujours des symptômes de « début de grossesse ». Non, les nausées ne s’arrêtent pas forcément à 3 mois, ni la fatigue (ahahah), ni les douleurs, ni les chutes de tension, ni même forcément les petites pertes de sang sans gravité. Pour ma première grossesse par exemple, les nausées et malaises vagaux ont duré jusqu’à 6 mois ! Sachez-le, pour vous rassurer si jamais vous sentez que ça dure un peu (ou beaucoup). Vous allez l’expérimenter (ou l’expérimentez déjà), mais la parentalité et la grossesse, c’est beaucoup de « il faut », de planning précis établis depuis toujours, d’âge ou de terme auxquels les choses doivent se passer, mais en fait, vous voulez un scoop ? On est toutes différentes, comme le seront nos enfants. Donc ne faites pas d’une science immuable tout ce que vous pouvez entendre, le corps n’a pas d’horloge réglée à la seconde près – et heureusement – ;-)

La fatigue omniprésente

« Je ne comprends pas, je ne fais rien de mes journées et je suis épuisée, je n’arrive plus à rien. » Tu la connais celle-là ?
Je me dois de vous partager avec vous la réponse de ma gynéco à laquelle on ne peut rien répondre « Mais Aurélia, vous FABRIQUEZ UN BEBE ! Votre corps est une usine en activité sans trêve, bien sûr que vous êtes épuisée ! Et surtout, VOUS NE FAITES PAS RIEN ! » Voilà voilà … depuis j’ai imaginé plein de petits bonshommes s’affairant à l’intérieur de moi pour fabriquer mon bébé – un peu comme les pompiers de la pub Gaviscon vous voyez ?

Les états émotionnels ambivalents par lesquels tu passes

Ça mériterait un article complet. Mais pour l’heure, retenez juste que c’est absolument normal de passer du rire au larmes en l’espace de 30 secondes, de se sentir hyper heureuse puis le lendemain super déprimée, d’avoir une envie folle de ce bébé et la semaine d’après de vouloir que cela n’ait jamais existé, de se sentir découragée, triste, abattue, épuisée et en même temps la plus heureuse du monde, joyeuse, épanouie … La faute encore et toujours aux hormones, mais pas que.
Avoir un bébé (surtout le premier), c’est un grand bonheur quand il est attendu, mais c’est aussi un renoncement important à sa vie d’avant, à ses relations d’avant, à son statut d’avant. Tu vas devenir mère, tu vas gagner énormément mais aussi perdre pas mal de choses. Tu sais que ta vie va changer pour toujours, et ça, ça fait peur.
Si une grossesse dure 9 mois, ce n’est pas un hasard. C’est le temps qu’il faut pour passer par tous ces états et pour accepter ce qui est en train et va se passer, pour se préparer. Pour cette raison, j’ai toujours eu une admiration sans borne pour les femmes qui vivaient un déni de grossesse …
Essayez alors d’être indulgente avec vous-même et de ne pas vous juger trop durement … vous avez le droit de ressentir tout ça et même vous savez quoi ? Cela fait partie du processus indispensable et du « package » inséparable de la parentalité :)

Les crises de couple, c’est normal

Elles sont inévitables. Vous allez avoir un bébé, une troisième personne qui s’immisce entre vous et qui prend, soyons honnêtes et au début en tout cas, toute la place. Vous n’êtes plus son tout, il.elle n’est plus votre tout. Vous avez mis en place des habitudes à deux, il faut à présent tout revoir, se redécouvrir dans un autre rôle, se retrouver autrement, laisser de la place entre vous puis retrouver celle de votre couple. Parfois il en ressort quelque chose de plus beau, parfois c’est plus compliqué.
En tous cas, les difficultés des couples à l’arrivée d’un enfant sont inhérentes au fait de devenir parents. Tout bouge … ! Et quand une fatigue extrême s’invite en plus au rendez-vous, c’est le clou du spectacle et ça n’épargne personne.

On appelle ce phénomène le « baby clash » ; il n’est pas toujours aussi violent que la dénomination le laisse à penser mais une chose est sûre, c’est qu’il est encore bien trop tabou. Il faudrait qu’on accepte d’en parler un peu plus librement sans forcément en avoir peur. Qu’on le voie comme une étape, un passage inévitable, un peu comme une mue ? Au final, on passe de l’état d’amoureux seulement à celui d’amoureux ET parents – avec une prédominance du deuxième terme les premiers temps ! –

Alors peut-être que cela permettrait d’en libérer plus d’un.une et de dédramatiser certaines situations le moment venu … attention, cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas le prendre au sérieux, bien bien au contraire. Juste, libérons la parole sur ce sujet !

Tu ne pourras rien faire pour que ton bébé arrive, c’est lui qui décide !

Aaaah ça, si on me l’avait dit, ça m’aurait évité de tout tester à la fin de mes grossesses !!
Méthodes anglaise, italienne, homéopathie, ostéopathie, acupuncture, faire les carreaux, du sport, monter et descendre les escaliers … j’ai tout fait mais rien à faire, et les deux fois, alors que j’étais en menace d’accouchement prématuré, mes poupées ont pointé le bout de leur nez quelques jours avant le terme … ! Bref, c’est le bébé qui décide, et rien d’autre … patience donc ! Vous risquez surtout de vous épuiser et autant vous le dire, gardez vos forces car vous en aurez laaaargement besoin le jour J ;-) Quant aux méthodes douces comme l’homéopathie, l’ostéopathie et l’acupuncture, elles ne peuvent pas faire de mal donc allez-y !

Il n’y a pas de règles, aucune grossesse ne se ressemble

Ma deuxième grossesse a été émotionnellement et psychologiquement bien plus difficile que la première. J’étais persuadée que je n’étais pas « normale », pourquoi est-ce que cela me chamboulait autant alors que c’était mon deuxième bébé, que « je connaissais déjà », et qu’en plus j’étais particulièrement avisée. J’ai appris peu à peu à lâcher prise sur ce genre de questions pour m’intéresser au fond. Et je me suis rendue compte qu’il n’y a aucune règle encore une fois, qu’aucune grossesse n’équivaut une autre, ne soulève les mêmes questions, ne représente la même chose, et donc ne se ressemble …
Cela vaut aussi entre amies ; ta grossesse ne ressemblera pas en tous points à celle de ta copine donc inutile de passer son temps à comparer. Là encore, il faut réussir à accepter que les choses ne soient pas écrites à l’avance et prévisibles …

Beaucoup de choses que tu croyais innées ne le sont en fait pas donc PAS DE PRESSION et PARLES-EN

Toujours dans la même veine, pas de panique si certaines choses vous paraissent bien plus difficiles que vous vous y attendiez. Allaitement, « instinct maternel », épanouissement pendant la grossesse … tout ce que vous pensez être inné ne le sera pas forcément, et ce n’est pas grave. Être parent c’est avant tout apprendre à l’être. En revanche l’important c’est que vous réussissiez à en parler, que ce soit à des amies bienveillantes, à des membres de votre famille, à votre amoureux.se, à des professionnels … échangez sur ce qui vous traverse l’esprit, vous trouverez toujours un moyen de vous aider ou de vous rassurer !

Tu n’es pas seule !!

Inutile de développer, n’est-ce pas ? ON EST LÀ !

NB : La seule qui a su me faire aimer mon image pendant ma grossesse est évidemment Lovely Family, les photos sont donc encore d’elle … <3

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