L’annonce à la grande soeur !

[Article de 2017]

Depuis que je sais que je suis enceinte de mon deuxième enfant, je me demande (comme toutes les mères du monde je suppose) comment l’annoncer à mon aînée, comment faire en sorte que les choses se passent le mieux possible pour elle. Qu’elle comprenne la portée et la joie d’une telle nouvelle sans pour autant se sentir mise à l’écart ou « remplacée ».

Le début d’une grossesse, ce n’est jamais bien concret. Rien ne se voit, le secret est bien gardé, la connaissance des risques toujours à l’esprit. Sauf que pour moi, le début de ma grossesse a tout de suite été bien bien concret ! Nausées, vomissements plusieurs fois par jour, fatigue extrême, insomnies, on ne peut pas dire que ce fut la période la plus épanouissante de ma vie. En tout cas, c’est officiel et je peux le dire ; je déteste définitivement le premier trimestre de grossesse :-) Déjà la première fois je me l’étais dit, mais la deuxième n’a fait que me conforter dans l’idée.  J’ai peu à peu été de plus en plus diminuée, moins alerte, incapable de me lever tôt, voire certains jours de m’occuper de ma Petite I du tout.

Tout ça m’a un peu obligée à l’annoncer assez rapidement à tous les proches que je voyais et qui risquaient de s’inquiéter d’un état un peu « bizarre » ou d’absences répétées. Ce fut parfois déroutant, alors qu’il fallait moi-même que je me fasse à cette nouvelle, arrivée très vite. Mais le plus compliqué, ç’a été avec la principale intéressée bien sûr, ma Petite I.

Je le savais, il ne fallait pas lui dire trop tôt. Déjà, au cas où la grossesse ne se passe pas comme prévu bien sûr. Si on peut s’éviter des explications douloureuses et difficilement compréhensibles pour un tout-petit, c’est préférable. Mais aussi parce que le temps est long au regard d’une enfant de 2 ans. Imaginez ce que représentent 9 mois dans sa vie … le tiers !! Clairement, l’attente est trop longue si on lui dit trop tôt, d’autant plus que rien n’est visible ni concret. Nous avons donc choisi d’attendre la première écho.

Oui mais voilà, ça c’était sans compter l’état d’une maman « au bout de sa vie » pendant trois mois ! Le matin, comme je vous le disais, je n’arrivais même plus à me lever assez tôt pour voir ma fille. Et quand je m’en occupais le reste du temps (donc le soir après le boulot, certains après-midi et le week-end), il est arrivé maintes et maintes fois que je doive l’abandonner en courant pour aller rejoindre les sacro-saintes toilettes (désolée pour la séquence glam’) … pas simple donc de continuer en lui disant juste que « Non mon Amour, Maman n’est pas malade, ne t’inquiète pas tout va bien, elle est juste fatiguée ». Ces moments-là, la culpabilité est telle qu’il est encore plus difficile de se concentrer sur sa grossesse d’un côté ou d’apaiser comme il le faudrait son enfant de l’autre. D’autant plus que ces petites bêtes-là sentent tout, je ne vous apprends rien ! Et on a un peu l’impression que tout nous échappe.

Bref, j’ai quand même tenu à ne pas lui dire avant cette fameuse première écho mais je savais qu’elle savait. Son comportement a d’ailleurs légèrement changé, elle s’est mise à avoir tout à coup besoin d’encore plus d’attention, à faire plus de colères que d’habitude. Les gens commençaient à me parler de ma grossesse devant elle, et la situation devenait tendue …

Heureusement, le 6 janvier est vite arrivé, et ce soir-là, juste après l’écho, ce fut l’annonce officielle !

Comment ? Tout simplement, je l’ai prise sur mes genoux et je lui ai dit « Tu sais ma Petite I, papa et moi avons une chose importante à te dire. Maman a un bébé dans son ventre, comme unetelle et unetelle que tu connais, tu te souviens ? » Je ne voulais pas l’abreuver tout de suite de concepts compliqués pour elle comme « grande soeur », « ventre qui grossit », « attente ». Je voulais que les choses soient dites simplement, normalement, et qu’elle ait ensuite le choix dans ce qu’elle voulait en faire sur le moment.

Sa réaction ? Elle n’a pas dit grand chose, à part « moi aussi j’ai un bébé dans le ventre ». Et puis elle est partie jouer. Bon, la nuit qui a suivi fut CHA-O-TIQUE ; à refaire, je pense que je privilégierais un moment en pleine journée, pas juste quelques minutes avant de se coucher. Plusieurs réveils nocturnes, des crises interminables, mais aucune raison ne sortait de sa petite bouche … ce fut le début de la digestion :-)

Depuis, nous traversons des petites vagues – parfois des houles, soyons honnêtes ! Petite I passe par plusieurs phases, les crises sont fréquentes et les nuits difficiles, alors nous tentons de l’accompagner au mieux ; des livres adéquats, des paroles rassurantes, un quotidien bien cadré, des câlins … Elle n’a jamais autant joué à la poupée que depuis quelques semaines, et les situations qu’elle met en scène sont souvent … évocatrices ;-) Le déménagement n’est pas loin non plus, et on est en plein dans le terrible two, donc cela rajoute sûrement à l’instabilité ; mais je sais qu’on y arrivera !

Je sens déjà qu’elle s’y fait de plus en plus. Elle en parle maintenant quotidiennement, elle va d’elle-même chercher les livres sur le sujet dans sa chambre, ou encore soulève mon haut spontanément pour « parler au bébé, lui faire des petites caresses » et regarder s’il « boude » (comprenez : « bouge » ;-) ). Bon, elle fait aussi des choses plus bizarres, comme faire mine de le prendre dans mon ventre (comme le jeu du nez où l’on fait croire à l’enfant qu’on a volé son nez en montrant notre pouce coincé entre notre index et notre majeur) avant de me « redonner [mon] petit bébé ». En tous cas une chose est sûre, ça la travaille !

Dans les moments plus délicats, ceux où je vois qu’elle a vraiment du mal accepter, où la colère est à son comble, les pleurs inconsolables et l’envie de baisser les bras très forte, je me dis et me répète que c’est normal, et surtout qu’il est important qu’elle exprime ce qu’elle ressent. Enfin, c’est loin d’être facile de relativiser ainsi tous les jours, hein ! Mais on essaye ;-)

Et puis tu sais ma jolie chérie, c’est la vie qui avance, toi qui grandis … Je connais ton désarroi et tes craintes pour être moi-même l’aînée ; mais je sais aussi que nous sommes aussi en train de t’offrir la plus belle et forte chose qui soit : le bonheur d’une famille qui s’agrandit !

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